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RNT, le CSA doit il revoir ses orientations ?


www.cnra.fr / publié le lundi 24 septembre 2012

La CNRA regrette le cafouillage autour du lancement ou de l’obsolescence programmée de la Radio Numérique Terrestre. Les radios associatives, qui ont été les pionnières de la libération de la bande FM en 1981, restent majoritairement favorables à la numérisation de la radio mais elles sont fatiguées par les brouillages successifs qui ont rendu la RNT progressivement indigeste.

Réunis en Conseil d’Administration le 22 septembre dernier, les membres de la CNRA ont jugé que les conditions n’étaient en partie plus réunies pour un lancement immédiat de la RNT. Dans un contexte économique très défavorable, il est nécessaire de revoir sans précipitation le modèle économique et technologique lié à la RNT.

La CNRA tient avant tout à rappeler l’attachement des radios et des auditeurs à la FM analogique. Son maintien ne peut pas être remis en cause par l’adjonction d’une nouvelle technologie.

Il ne faut pas pour autant se laisser manipuler par les défenseurs de l’IP (radio sur Internet) qui prônent une technologie peu coûteuse et immédiatement accessible. L’IP ne peut se substituer ni à la FM analogique ni à la RNT, elle rendrait les radios associatives dépendantes des fournisseurs d’accès Internet et des moteurs de recherches ! Comment rester visible, noyé au milieu de milliers de programmes diffusés sur le Web ? Comment lutter contre le référencement payant ? Quelle garantie quand à l’anonymat des auditeurs ? L’IP c’est la traçabilité de l’auditeur !

La Radio Numérique Terrestre semble donc être la seule technologie numérique, de type ‘’Broadcast’’, qui permettrait aux auditeurs de recevoir facilement et gratuitement de nombreux programmes radios. Toutefois, la situation économique du Pays s’étant fortement dégradée depuis 2008, il semble indispensable de revoir le modèle économique et technologique lié à la RNT pour éviter de nouveaux blocages…

Il est évident que les radios associatives ne pourront en aucune façon s’engager dans ce nouveau mode de diffusion sans l’aide financière de l’Etat et la Radio Numérique sans les radios associatives est une gageure. Les expérimentations locales et les financements locaux et/ou européens qui s’y rattachent ne peuvent en aucune façon être généralisés à l’échelle du Pays, ces expérimentations dépendant de paysages radiophoniques spécifiques et d’engagements financiers variables d’une région à l ‘autre !

Aussi, pour ces raisons, la CNRA revendique :

- Le maintien de la diffusion en FM analogique sans calendrier d’extinction,

- La relance immédiate des groupes de travail visant à revoir la méthodologie de déploiement de la RNT, la révision des zones de couvertures et l’évaluation des coûts de diffusion,

- L’engagement budgétaire de l’Etat afin de garantir l’accès des radios associatives à cette nouvelle technologie.

La radio devra faire face, dans les années à venir, à un nouveau mode de diffusion avec la certitude que son développement passera par la numérisation de son outil. Mais c’est le fruit d’un travail conjugué entre les services de l’Etat, du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et des organisations de radios qui permettrait de donner un nouvel élan à une technologie dont les protagonistes n’ont pas pris le temps ou eu la volonté de l’appropriation collective.

A suivre…