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POUR LA CREATION D’UN PORTAIL DES MEDIAS DE PROXIMITE EN LIEN AVEC LA PLATEFORME D’UN GIP EPRA RENOUVELE


Le Ministère de la Culture et de la Communication et celui de la Ville ont entériné le rapport Bouvier et ses propositions de création d’un nouveau dispositif global d’aide aux médias de proximité qui serait opérationnel fin 2013. Les deux ministères ont demandé à leurs services d’étudier :

• Les conditions de la création et de fonctionnement de la commission nationale de soutien aux médias de proximité dont le principe est retenu, et qui, plus largement, aura pour objet d’améliorer le soutien global aux médias de proximité, de soutenir leur professionnalisation et leur visibilité.
• Avec l’INA, le développement rapide et opérationnel de la gestion des archives de l’EPRA
• La possibilité de mettre en oeuvre la plateforme numérique proposée, et de l’associer à un espace de travail des radios associatives de quartier, en lien avec les collectivités territoriales pouvant être intéressées par ce projet

La CNRA reconnaît le rôle et l’action des nouveaux médias web de proximité avec lesquels les radios associatives souhaitent développer leur collaboration. Elle ne conteste pas les besoins et la nécessité de financements de ces nouveaux médias.

Mais elle ne peut accepter, en l’état, ce nouveau dispositif d’aide aux médias locaux de proximité tel qu’il été décidé et nous est proposé.

En effet il ne répond pas aux attentes et besoins des radios associatives, ni même peut-être à bon nombre de nouveaux médias web qui devraient être consultés. Les outils et moyens envisagés dans ce dispositif, ne peuvent remplacer le GIP/EPRA, ni justifier sa liquidation :

• Qualifié « d’usine à gaz » dans le milieu radiophonique, ce dispositif élaboré par Jérôme BOUVIER vise surtout à la reconnaissance et au financement des nouveaux médias web de proximité, principalement dans les quartiers en ZUS. Il inclut les radios associatives mais sans tenir compte de leur statut spécifique et reconnu, de leurs rôles et actions sur l’ensemble du territoire, ni de leurs besoins
De plus ce dispositif serait mis en place sans nouveaux moyens financiers spécifiques.

• Calquée sur la Commission « Images et diversité » qui fonctionne sous forme d’appels à projets (seuls
15 à 25 retenus et financés chaque année), la Commission Nationale d’aide aux médias de
proximité regrouperait et gérerait l’ensemble des financements de l’Etat attribués actuellement
(politique de la Ville et autres dispositifs) aux médias de proximité, en y intégrant les fonds dévolus jusqu’alors au GIP EPRA. Si nous ne contestons pas l’utilité de cette commission, nous nous interrogeons sur son fonctionnement (appels à projets), sur ses moyens financiers limités par rapport aux objectifs fixés, notamment la création et le fonctionnement de la plateforme numérique.
Les risques sont que des actions existantes, des projets spécifiques, menés par des médias et des radios de proximité, dans les quartiers, ne puissent plus être financés.
De plus elle pourrait engendrer des lourdeurs et lenteurs administratives pour les médias, alors que les
décisions et appels à projets sont décentralisés, par exemple dans le cadre de la Politique de la Ville. Enfin, même si sa composition, ses modalités et rythmes de fonctionnement, ne sont pas précisés,
celui-ci aura un coût dont nous ne sommes pas informés.


• La plateforme numérique (dont le coût réel de création et de fonctionnement n’est pas fixé) regroupant les nouveaux médias web et les radios de proximité prévoit de fonctionner en lien avec un espace de travail des radios associatives de quartier en remplacement de l’EPRA qui rappelons le, regroupe 170 radios associatives sur tout le territoire.
En conséquence, le champ d’intervention, les thèmes des émissions (non précisés mais axés
principalement sur les quartiers), et les radios concernés seraient restreints. Or la lutte pour
l’intégration, contre les idées racistes, xénophobes et d’exclusion, qui se répandent partout en France, ne peut se limiter à quelques quartiers. Elle nécessite que les radios associatives de l’ensemble du territoire disposent des moyens financiers et logistiques pour la poursuite et le développement de leurs actions de production et de diffusion d’émissions comme le permettait le GIP EPRA. Elle implique également comme dans le cadre de l’EPRA, une souplesse, une rapidité de décision et une diversité des radios pour la réalisation d’émissions et de reportages que ne permettent pas des appels à projets.

• Enfin la gestion des archives de l’EPRA par l’INA aurait un coût très élevé, qui n’est pas chiffré, mais financé par les fonds existants que se propose de réunir ce dispositif. Nous doutons qu’ainsi, ces archives soient plus accessibles aux citoyens et pour quel tarif ?. De plus est posé le problème des droits d’auteurs pour les émissions produites et diffusées par les radios.

La CNRA se prononce pour la création d’un portail des médias de proximité qui fonctionnerait en association (lien) avec la plateforme d’un GIP EPRA renouvelé comme l’ont demandé, en vain jusqu’alors, les radios adhérentes et leurs représentants élus au GIP.

La liquidation du GIP EPRA serait une grave erreur et un énorme gâchis. Nous demandons au
gouvernement d’y surseoir.

En effet, comment peut-on concevoir un nouveau dispositif d’aide aux médias de proximité sans s’appuyer sur l’EPRA, ses outils, sa plateforme, son expérience, ses possibilités et capacités d’adaptation et d’évolution ? Pourquoi le gouvernement persiste-il à ne pas vouloir entendre les radios, comme si l’une de ses priorités (obsessions) essentielles, demeurait encore et toujours, la liquidation du GIP/EPRA ?
L’EPRA est un outil reconnu (même par Jérôme BOUVIER dans son rapport) qui a permis la production et la diffusion sur son réseau ainsi que l’archivage de plus de 10 000 heures d’émissions, depuis sa création, il y a plus de 20 ans, sous l’égide du Premier Ministre Pierre BEREGOVOY.

Cette décision de liquidation a été prise, nous le rappelons, sous l’ère du Président SARKOZY, pour des motifs et choix politiques de droitisation, mais avec des arguments fallacieux suite à une asphyxie financière (l’EPRA serait ainsi devenu trop coûteux structurellement) de la part de l’Etat.
Or, hormis le coût exorbitant du loyer payé à l’ACSE, nous savons tous que d’importantes économies de fonctionnement ont été réalisées depuis plusieurs années.
Enfin si des reproches fondés ou non, peuvent être émis vis-à-vis de l’EPRA, ils doivent être résolus et
ne peuvent justifier sa liquidation.
Nous rappelons que cette décision de liquider le GIP EPRA a été imposée et n’a fait l’objet d’aucune
concertation, ni recherche de solutions pour l’éviter. Ainsi même la demande de médiation des radios dans le conflit qui les opposait au Président/liquidateur Hervé MASUREL n’a pas été entendue. En effet la
mission confiée à Jérôme BOUVIER, ne s’est inscrite que dans l’après liquidation du GIP EPRA. Ceci
contrairement aux souhaits des radios que soient étudiés les conditions de nouvelles thématiques
d’émissions, la diversification des ressources, un plan de sauvetage du GIP EPRA.

En conséquence, la CNRA demande que s’engage, enfin et pour la première fois, avec tous les ministères concernés, une véritable concertation pour étudier les conditions d’un GIP EPRA renouvelé et adapté, afin qu’il demeure l’outil indispensable aux radios dans le cadre de ce nouveau dispositif d’aide aux médias locaux.

La CNRA.