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Nous tenons à l’EPRA


Communiqué

Gilbert Andruccioli (Agora Côte d’Azur) et Jean-Claude Guillou (Alternative FM) ont rencontré Jérôme Bouvier le 27 mai dernier.
Nous avons rappelé à M Bouvier que lors de l’assemblée générale, les radios associatives ont unanimement rejeté le plan de liquidation de l’EPRA préparé par le gouvernement FILLON et poursuivi par le gouvernement AYRAULT.
Nous avons dit à M. BOUVIER que les conditions dans lesquelles il devait conduire sa mission permettaient au gouvernement de l’utiliser pour justifier une décision déjà prise, celle-ci lui étant notifiée dans la lettre de mission.
M. BOUVIER. nous a d’ailleurs confirmé qu’il n’avait nullement l’intention de la contester. Il n’a donc pas l’intention de trouver quelque mérite à l’EPRA. Le Groupement d’Intérêt Public est une structure qui n’a pas sa faveur. Il n’envisage pas de le faire évoluer en diversifiant ses thématiques, en multipliant les financeurs.
Il ne tient pas compte des statistiques de la SCAM qui montrent qu’en 2011 la répartition des droits d'auteurs s'est faite ainsi : 28 % pour France culture, 24,5 % pour les Radios locales privées, 13,7 % pour les France Bleue) 12,3 % pour France Inter, 7,4 % pour France Musique, 0,6 % de Web radio . A-t-il recherché quel a été le poids des productions acquises par l’EPRA au sein des 28,5% des RLP ?
M. BOUVIER considère que le GIP EPRA n’est pas assez visible, accessible au public.
Nous lui avons précisé que sa mission première est la production et l’échange de programmes diffusés par les radios associatives et que, pour ce faire, il n’a nul besoin d’une médiatisation particulière.
A la place du GIP il veut une commission nationale « pour les médias locaux et des diversités ». Il n’a pas souhaité nous dévoiler la forme juridique, ni l'organisation de sa nouvelle structure ; encore moins un calendrier qui garantirait sa mise en oeuvre. Les seules informations qu'il nous a communiquées sont que son projet inclurait presse écrite, blog, télévision locale. A terme sa structure gèrerait les fonds que, selon lui, l'Etat consacre aux médias locaux et qu’il estime entre 1,5 et 2 millions d’euros, tout en regrettant que l’ACSE n’ait pas été en mesure de lui fournir des chiffres quant aux subventions accordées.
Bien entendu, pour effectuer un travail concret, cette nouvelle structure aura besoin d’une « plateforme » conduite par une équipe technique qui aura pour fonction de répondre aux objectifs assignés par le gouvernement dans sa lettre de mission, à savoir des « propositions opérationnelles permettant d’améliorer le soutien de l’Etat » , « l’évolution du soutien public aux radios associatives » ; « la constitution et l’organisation d’une mise en réseau des radios associatives », propositions qui « devront être sans impact budgétaire »
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Nous avons indiqué à M. BOUVIER que pour les radios associatives, l’outil EPRA existait et pouvait évoluer dans ce sens, comme proposé par les radios adhérentes.
Nous lui avons rappelé également que les frais de personnel (équipe actuelle de trois salariés permanents) de l’EPRA avaient été considérablement réduits ces dernières années et que pour des missions similaires mais moins spécifiques et adaptées aux radios, ses propositions auraient un coût au moins équivalent. Ceci d’autant plus que lors de cet entretien, M. BOUVIER n’a pu nous indiquer comment, par quel organisme et pour quel coût, il envisageait la gestion des archives de l’EPRA.
A signaler que Monsieur BOUVIER a reconnu que le GIP payait des loyers exorbitants à l’ACSE, qui alourdissaient ses frais de structure.
M. BOUVIER, dans le cadre de sa mission, malgré le refus unanime des radios adhérentes et leurs propositions, s’associe donc à la condamnation du GIP EPRA, outil public par lequel l’Etat associait les radios associatives à la mise en oeuvre de la politique de la Ville, en faveur de l’intégration et de la lutte contre les exclusions.
Pour lui succéder, il invente une structure qui instaure un appel à projets sans aucune garantie de financement et de sérénité, et ne pouvant offrir aucune garantie de rigueur dans sa gestion.
Au passage, cette « usine à gaz » qui coûterait bien plus cher que l’EPRA n’aurait aucun « impact budgétaire » pour les radios associatives. Elle permettrait, et c’est l’objectif prioritaire et opportun de M. BOUVIER, le financement des blogs, petits journaux, et autres « nouveaux » médias. D’ailleurs il considère que les radios associatives bénéficient de soutiens financiers importants et ne sont pas dans le besoin.
Nous avons dit à M. Jérôme BOUVIER que nous refusons d’être les acteurs d’un faux débat appelé « réflexion » alors que le gouvernement veut passer outre à la volonté unanime des radios associatives. Nous ne servirons pas de caution à une « réflexion » par laquelle le gouvernement espère obtenir des avis et soutiens complaisants, voire complices, de la liquidation de l’EPRA.
L’Etat, M. BOUVIER, peuvent s’ils le souhaitent, et nous les soutiendrons, créer une structure spécifique pour le financement des nouveaux médias. Mais ceci ne doit pas être au détriment des radios associatives, dont les statuts et les missions sont définis légalement, par la destruction de l’outil spécifique qu’est le GIP EPRA que l’Etat a crée voici plus de vingt ans, en faveur de l’intégration, de la lutte contre les exclusions et de l’égalité des chances.
Nous avons bien noté dans le rapport de M. Jérôme Bouvier que sa nouvelle structure créerait trois nouveaux postes qui sont indéniablement orientés vers les web medias.
Nous regrettons aussi le manque de professionnalisme qui conduit M. Bouvier à prévoir la création d'une plateforme pour un coût estimé entre 60 à 80 mille euros, sans avoir présenté préalablement un cahier de charges dont la rédaction est renvoyée à plus tard !
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A défaut de ces garanties, nous constatons que sa mission a pour unique objet cautionner la volonté du Préfet-Liquidateur, qui, rappelons-le, n'a qu'un seul objectif : la disparition du GIP EPRA.
Le projet de délibération sur le devenir du GIP EPRA annonce que les ministres se prononceront dans les six mois à venir. Nous sommes certains qu'à l'heure actuelle et à la lecture de ce rapport, aucun dispositif alternatif sérieux et viable, ne peut se substituer au GIP EPRA, contrairement aux promesses faites aux parlementaires
Nous croyons au développement du projet EPRA et son ouverture à d’autres aux autres acteurs. Mais ce travail doit être adossé au seul réseau collaboratif qui peut targuer d'une réussite dans ses missions et objectifs.
Madame Aurélie Filippetti, Ministre de la culture et de la communication, sur France Inter le 13 juin 2013, intervient à propos de le fermeture de l'audiovisuel public grec, déclare : « … certains prenant prétexte de l'austérité et de la crise économique … arrivent à des mesures qui sont contraires à toutes nos valeurs ... »
Nous entendons bien sa déclaration, nous la partageons et lui rappelons que si les radios locales privées ont pu largement contribuer à la diversité du répertoire sonore de la SCAM, c'est grâce à l'effort des radios associatives et du GIP EPRA, avec l'aide de l'Etat
Nous avons consacré vingt années de notre activité à murir ce projet. L'administration ne donne que six mois pour le détruire. Nous demandons à tous les Ministres en charge de ce dossier de reconsidérer leur position, en menant une vraie et sincère réflexion, en dessaisissant de ce dossier M. Masurel, « Juge et arbitre » et qui a d’ores et déjà annoncé publiquement qu'il n'est pas le président qui défendrait le GIP EPRA.
Nous appelons les radios associatives à se tenir prêtes pour répondre présentes à toute réunion que M. le Président-Préfet ne manquera pas de convoquer afin de tenter à nouveau de faire avaliser la dissolution de l’EPRA. Le combat n’est pas terminé, l’EPRA n’est pas encore dissout, c’est le devoir de chaque radio de s’engager pour le sauver.

Grasse, le 18 juin 2013
Gilbert Andruccioli et Jean-Claude Guillou
Animateurs de « Nous tenons à l’EPRA »