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Lettre au ministre pour la survie de la banque de son EPRA


Mardi 17 janvier 2012

Monsieur Maurice Leroy
Ministre de la Ville,
35, rue Saint Dominique
75007 Paris

Monsieur le Ministre,

Les deux organisations représentatives des 650 radios associatives françaises, la
Confédération nationale des radios associatives et le Syndicat national des radios libres souhaitent attirer
votre attention sur la situation très grave qui est celle aujourd'hui du Groupement d'intérêt public EPRA
(Échanges et Productions Radiophoniques).

Créé à l'initiative du Ministre des Affaires sociales, l’EPRA conduit depuis 20 ans une mission
d’échange et de diffusion mutualisée de programmes radiophoniques entièrement dédiés aux thématiques,
hier de l’immigration, de l’égalité des chances, et de la lutte contre les discriminations, aujourd’hui de la
politique de la ville.

En diffusant chaque semaine sur l’ensemble de son réseau de 170 radios membres, plusieurs
heures de programmes sur ces thématiques (647 heures en 2011), l’EPRA constitue un outil d’information,
d’expression citoyenne et de sensibilisation des publics au service du mieux vivre ensemble.
Ce travail qui exploite la production de plus de 2000 auteurs et qui a permis de doter l’Etat
d’un fonds sonore mémoriel de plus de 10 000 heures de programmes est aujourd’hui menacé au motif
d’arbitrages budgétaires.

En effet, après avoir subi en 2011 une baisse de budget drastique qui a conduit au
licenciement de plusieurs salariés du GIP, après que la réunion statutaire qui aurait dû adopter le budget
prévisionnel du GIP pour l'exercice 2012 a été annulée et repoussée à une date ultérieure non déterminée,
et constatant qu’à ce jour aucun président n’a été nommé suite au départ de Monsieur Richard Senghor,
nous venons d’être informés par la direction du GIP de l'arrêt immédiat d'acquisition de nouveaux
programmes.

Cette situation est lourde de conséquences à plus d’un titre :

Elle menace l’économie de nos médias, en les privant de la ressource financière de la vente de programmes
et au-delà parce qu’elle les prive d’un levier pour le cofinancement de leurs projets politique de la ville.
Elle impacte directement leur financement dans le cadre de la subvention du FSER (fonds de soutien à
l’expression radiophonique) puisque l’un des critères retenus pour l’attribution de la majoration concerne
les actions que nous menons dans le cadre de l’intégration et la lutte contre les discriminations.
Elle limite le champ d’action de nos radios qui trouvaient via l’EPRA une économie de production pour
mener des opérations de formation et de sensibilisation des jeunes aux NTIC dans les quartiers « politique
de la ville », en même temps qu’elle prive de parole les habitants des quartiers difficiles.

Enfin elle menace des centaines de collaborateurs, bénévoles et salariés, impliqués dans nos structures et
pour lesquels les productions EPRA ouvrent des droits d'auteurs. D’ores et déjà, nous déplorons des
licenciements en cours…

Aussi préoccupante que soit la situation, nous n’entendons pas, à priori, nous situer dans un
rapport de force. Les représentants des radios qui siègent au Conseil d’administration de l’EPRA sont depuis
la présidence, il y a six ans, de Monsieur Jacques Toubon, force de proposition et ont à coeur de contribuer
aux côtés des ministères, au développement de cette structure.

Le travail accompli lors des deux derniers mandats pour repositionner l’EPRA, et plus
récemment, depuis la prise de fonction du nouveau directeur Joël Rakotomalala pour moderniser les
fonctionnalités de l’outil, ont permis de dégager des options qui augurent de réelles opportunités pour
valoriser et développer cette offre originale. L’EPRA irrigue loin des projecteurs (ceci explique peut être
cela) mais reste à n’en point douter un formidable outil au service de la cohésion sociale, qui de par la
proximité et le maillage qu’il propose n’a aucun autre équivalent au monde.

C’est dans cet esprit que nos deux organisations et les sept représentants des radios élus au
Conseil d'administration de l'EPRA par l'ensemble des radios membres du GIP vous demandent
solennellement, Monsieur le Ministre, de prendre les mesures nécessaires à la reprise sereine des activités
de l'EPRA pour cette année et à favoriser la mise en place pour 2013 d'un nouveau GIP renouvelé et
amélioré.

Compte tenu de l’urgence de la situation, nous comptons sur votre diligence

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de notre respectueuse salutation.

Les membres élus du collège radio du Conseil d’administration de l’EPRA,
Radio Clapas, Radio Campus Dijon, Radio Zinzine, Radio Grésivaudan, Radio Trait d’Union, Radio Oxygène,
Radio Radio

Pour la CNRA
Luc Magrina
Membre du bureau national
CNRA
15 rue des Volontaires
34000 Montpellier

Pour le SNRL
Patrice Berger
Délégué national à la lutte contre les discriminations
SNRL
Tour Paris Pleyel
153 Boulevard Anatole France
93200 Saint Denis